La consigne au Québec, ça rapporte pour tout le monde!

Article promotionnel publié dans le journal Le Soleil le 22 mai 2013. Pour voir la version électronique, cliquez ici

Au Québec, il existe un large consensus en faveur du maintien et de la bonification du système de consigne. À l’occasion du deuxième anniversaire du mouvement Pro-Consigne Québec qui rassemble une diversité d’organisations et d’acteurs issus de différents milieux, les principaux partenaires tiennent à réitérer l’importance du système de consignation sur les plans environnemental, économique et social.

Deux ans de consensus au sein de Pro-Consigne Québec

Initiative du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED), Pro-Consigne Québec regroupe plus d’une cinquantaine d’organisations composées d’organismes publics et non gouvernementaux, d’associations et d’entreprises privées, de syndicats et de municipalités qui unissent leurs efforts en faveur du maintien et de la bonification de la consigne au Québec. La complémentarité de ces perspectives illustre un consensus fort qui témoigne de la grande valeur de la consigne pour la gestion écologique et efficace des matières résiduelles au Québec.

« Notre mission consiste à détourner de l’élimination le plus grand nombre possible de contenants tout en contribuant à hausser la qualité des matières recyclables récupérées par le maintien et l’amélioration du système de consignation actuel », présente Karel Ménard, porte-parole de Pro-Consigne Québec.

En vigueur depuis 1984, la consigne publique vise les contenants à remplissage unique (CRU) de bière et de boissons gazeuses, les seuls contenants consignés au sens de la loi. Cette consigne ne vise que les boissons gazeuses sucrées et la bière que l'on retrouve dans des contenants clairement identifiés par la mention « CONSIGNÉE QUÉBEC » accompagnée d'un montant d'argent par contenant. Avec les années, la consignation est devenue profondément ancrée dans les habitudes de la population québécoise.

« Chaque année, plus d’un milliard de contenants en aluminium, en verre et en plastique sont récupérés et recyclés au Québec via le système de consigne. Celui-ci continue de faire ses preuves : il offre les meilleurs taux de récupération au monde et il est le seul système permettant de recycler la matière récupérée à 100 % », affirme Karel Ménard.

« La consigne est un système apprécié des Québécois et dont les hautes performances sont réelles. »
- Karel Ménard, porte-parole de Pro-Consigne Québec

Une performance globale enviable au Québec

Les taux de récupération et de valorisation des contenants consignés sont sans contredit les plus élevés. Par exemple, 66 % des canettes d’aluminium sont récupérées. Les retombées environnementales de la consigne vont au-delà de la réduction des déchets: elles contribuent grandement à l'amélioration de la qualité des matières recyclables.

Le recyclage des contenants d’aluminium, de verre et de plastique permet d'économiser l'énergie qui aurait été consommée pour extraire, transporter et transformer les matières premières nécessaires à la fabrication de nouvelles bouteilles et canettes. En effet, « la récupération des canettes produit moins de gaz à effet de serre dans l’atmosphère que la fabrication de canettes neuves », mentionne Lorraine Rouisse, vice-présidente Développement durable pour l’Association de l’Aluminium du Canada. Le recyclage des cannettes en aluminium permet d’économiser environ 95 % de l'énergie nécessaire pour produire des cannettes neuves.

« Plus on récupère d’aluminium via la consigne, plus on favorise le cycle de vie du produit. »
- Lorraine Rouisse, vice-présidente Développement durable pour l’Association de l’Aluminium du Canada

Pour les municipalités, les principes de « responsabilité élargie des producteurs» et de « pollueur-payeur » intégrés par la consigne signifient que des milliers de tonnes de matières résiduelles soient efficacement récupérées et valorisées de manière optimale. « On est nombreux à s’entendre à savoir que la consigne favorise un meilleur taux de récupération et de recyclage des contenants », note Josée Duplessis, conseillère municipale et responsable du développement durable à la Ville de Montréal. Celle-ci se dit en faveur du maintien et de la bonification du système de consignation actuel : « On devrait même augmenter le montant de la consigne sur certains produits consignés et étendre la consigne à certains produits non-consignés. »

Selon les partenaires de Pro-Consigne Québec, une augmentation de la valeur de la consigne ??" et éventuellement une analyse sérieuse de son application possible au contenant lui-même plutôt qu’au contenu ??" favoriserait la performance de la récupération et de la valorisation des contenants et assurerait ainsi une gestion écologique améliorée des matières résiduelles.

La consigne, créatrice de valeur

Les 400 partenaires de Pro-Consigne Québec appuient sans réserve le système de consignation. « Tous les brasseurs s’entendent pour dire que la consigne est essentielle à l’industrie. Nos installations ont été mises en place en fonction de ce modèle », affirme Philippe Batani, président et directeur général de l'Association des brasseurs du Québec.  Par ailleurs, notons que plus de 98 % des contenants à remplissage multiple (CRM) de bière sont récupérés par les brasseurs via leur propre système privé de consigne.

« Il faut aussi dire que la consigne permet le maintien de centaines d’emplois de qualité au Québec. »
- Philippe Batani, président et directeur général?de l’Association de brasseurs du Québec

David Bergeron-Cyr, vice-président de la Fédération du commerce CSN qui regroupe le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Brasserie Labatt CSN, estime pour sa part que « l’abolition du système actuel de consigne entraînerait la perte de centaines d’emplois bien rémunérés chez nos travailleurs. »

« Dans son ensemble, la consigne assure le maintien de plusieurs centaines d’emplois de qualité dans les secteurs de la production, de la distribution, du traitement, de la récupération et de la fabrication des contenants », conclut Karel Ménard.

La consigne, outil de développement social

Pour les partenaires de Pro-Consigne Québec, la consigne représente un outil qui permet de soutenir financièrement des organismes communautaires et des personnes dans le besoin. À titre d’exemple, l’organisme Les Valoristes, Coopérative de solidarité, appuie et aide les personnes défavorisées qui ramassent des contenants consignés dans les rues et les poubelles de Montréal. « L’argent issu de cette activité atténue le niveau de pauvreté de ces personnes et peut leur éviter de se retrouver dans la rue. La bonification du montant de la consigne pourrait même aider des gens à se sortir de l’itinérance », affirme Michèle Tremblay, copromotrice. Au Québec, des dizaines de mouvements, d’organismes et d’associations misent essentiellement sur l’argent de la consigne pour financer leurs activités.

La consigne, un système responsable

En plus d’être performante sur les plans environnemental, économique et social, la consigne ne requiert aucun investissement public. « L’ensemble des coûts du système de consigne sont assumés par les producteurs, ce qui respecte le principe de la responsabilité élargie. Les montants de consigne non réclamés par les consommateurs servent à financer le système et les programmes de sensibilisation », précise Karel Ménard. Enfin, le système ne coûte rien aux consommateurs qui posent le geste écologique de rapporter leurs contenants, car la consigne leur est alors remise intégralement. Seuls ceux qui font le choix de ne pas poser ce geste perdent le montant laissé pour la consigne lors de l'achat. C'est ce qu'on appelle le principe de pollueur-payeur.

En matière d’environnement, les solutions sont complémentaires

Pour Karel Ménard, les systèmes de consigne et de collecte sélective doivent fonctionner en synergie si l’on veut récupérer le plus de matières possible. « C'est en utilisant les forces et les avantages de l’ensemble de nos systèmes de récupération en fonction des situations ou des lieux où sont consommées les boissons que nous réussirons à optimiser la récupération et le recyclage des matières. » Être performant signifie de se donner tous les leviers nécessaires pour maximiser la quantité et la qualité de la matière récupérée.

« Ce système fonctionne très bien. Tous ensemble, nous avons un acquis à conserver. »
- Estelle Richard, organisatrice communautaire ?pour Les AmiEs de la Terre de Québec.

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