La consigne, un geste éco-responsable à maintenir ?

Par Rachid Srhir

La consigne est-elle un geste éco-responsable à maintenir et à encourager ou est-ce un obstacle au développement de l'industrie du recyclage ? Cette question a fait beaucoup jaser à l’occasion du premier colloque organisé par Pro-consigne au cours duquel une trentaine de personnes, issues d’environnements différents, se sont questionné sur l’avenir de la consigne au Québec.

Réfléchir à la consigne

Devrait-on garder le statu quo, aborder la possibilité de l’abolition ou planifier l’élargissement de la consigne? Après la crise de 2009 qui a secoué l’industrie du recyclage, démontrant ainsi les limites et les faiblesses du modèle actuel, la consigne est passée dans la mire des chercheurs universitaires, de l’industrie du recyclage, des centres de tri, des entreprises d’économie sociale et même de RECYC-QUÉBEC qui, chacun à leur manière, ont repensé à sa façon de faire.

Affaiblie par un certain climat d’indécision, la question de maintenir la consigne reste largement posée. La réponse fait appel à différents concepts et met en avant de multiples enjeux (économique, social et environnemental) selon l’approche envisagée.

Abolir, vraiment ?

Dans son Plan d’action quinquennal 2011-2015 accompagnant sa Politique québécoise de gestion des matières résiduelles, le gouvernement du Québec a formellement ouvert la porte à l’abolition de la consigne. Il estimet que la performance du système de la collecte sélective actuel équivaut à celle du système de consignation pour produits similaires et que les services de récupération hors foyer sont accessibles et bien répartis. « Pourtant on ne sait pas encore sur quels critères le gouvernement devrait se baser afin de définir et d’évaluer la performance de ces deux systèmes de récupération », explique Marc Olivier Professeur au Centre universitaire de formation en environnement, à Université de Sherbrooke. Il laisse entendre la nécessite de savoir aussi qui devrait l’évaluer. 


Responsabiliser le producteur

De son côté, Michel Séguin administrateur à l’organisation Action Re-buts, parle de viabilité sociale et économique de la consigne et met en évidence deux points : le respect du concept 3R et la responsabilité totale des producteurs. 
 »Réutiliser est meilleur que recycler, recycler est meilleur que jeter », explique M. Seguin. Il insiste sur le fait qu’il faut réglementer la responsabilité du producteur afin qu’elle soit totale et non pas partielle, si au Québec, les acteurs du domaine des matières résiduelles veulent optimiser la récupération des contenants et emballages.

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