La consigne: 30 ans au coeur des Québécois


Montréal, 3 octobre 2014 - Ce fut pendant l’été de 1984, lors du mandat du ministre de l’Environnement Adrien Ouellette que le gouvernement du Québec a adopté la Loi sur la vente et la distribution de bière et de boissons gazeuses dans des contenants à remplissage unique (CRU). Cette loi instaurait une consigne de 0,05 $ sur chaque contenant non réutilisable de bière et de boisson gazeuse. Le système fut implanté afin de diminuer la quantité de déchets sauvages en favorisant la récupération des bouteilles et des canettes qui souvent étaient jetées dans la nature.

Trente ans plus tard, les Québécois et Québécoises continuent à rapporter leurs contenants consignés aux détaillants, ou bien à faire un don de ces contenants à des organismes ou à des personnes qui les utilisent comme source de financement. La preuve de ce fait se retrouve dans le Bilan 2012 de la gestion des matières résiduelles au Québec, publié par RECYC-QUÉBEC en septembre dernier. Selon le document, le taux de récupération des matières résiduelles récupérées par la consigne des CRUs a été de 76 % en 2012. Cela représente une augmentation de 3 % comparativement à la récupération de ces contenants en 2010. Ce taux fait preuve également de l’engagement de la population québécoise envers ce système qui garantit le recyclage à 100 % de tout ce qu’il récupère.

Toutefois, la consigne au Québec n’a pratiquement pas changé depuis son instauration en 1984. Au Québec, nous consignons encore en fonction du contenu, et non pas du contenant. Alors, une cannette sera consignée si elle contient une boisson gazeuse et sucrée, tandis que la même cannette n’aura pas une consigne si elle contient, par exemple, de l’eau gazéifiée. De plus, le montant de la consigne pour les CRUs demeure 0,05 $ depuis 30 ans. Pourtant, il faudrait au moins 11 ¢ aujourd’hui pour équivaloir à la valeur d’un 5 ¢ de 1984.

Un système de consignation bonifié et élargi au Québec pourrait avoir un potentiel sans précédent sur notre développement social et économique, ainsi que sur notre environnement. Fêter les 30 ans de la consigne, c’est aussi veiller à son maintien, à sa bonification et à son élargissement à d’autres contenants, pour que ce système continue à garantir un meilleur taux de recyclage au Québec pour plusieurs décennies à venir.