Récupération et recyclage au Québec : deux choses différentes

Montréal, 18 juin 2014 - Ce mois-ci, nous avons appris par les médias que RECYC-QUÉBEC a créé une cellule de crise pour accompagner le recycleur de plastique Recyc RPM. L’entreprise, qui possède des usines à Beauceville et à Saint Damien, est sur le point de déclarer faillite, la raison étant la trop grande contamination dans les ballots de plastique reçus et expédiés par des centres de tri québécois. Selon Jean Yves Bacle, Vice-président des ventes et marketing de Recyc RPM, environ 40 % des ballots qui arrivent à l’entreprise sont contaminés avec du verre, des matières organiques, du métal, etc., ce qui rend cette portion impropre au recyclage. L’entreprise doit donc verser entre 80 000 $ et 100 000 $ par mois pour acheminer ces matières vers les centres d'enfouissement, ou bien 2.5 millions de dollars par année1.

Ce qui arrive présentement à Recyc RPM sert en partie à nous démontrer que récupération et recyclage ne sont pas des synonymes. Le modèle québécois de collecte pêle-mêle est effectivement une manière facile et pratique de récupérer des matières recyclables, surtout dans les domiciles. Par contre, le haut niveau de contamination des matières dans le bac empêche que le taux de recyclage, c’est-à-dire le taux de ce qui est finalement transformé en produit utile, se rapproche du taux de récupération. Cela nous prouve qu’il faut améliorer notre système de récupération, afin d’arriver à une séparation plus efficace des matières. D’ailleurs, la population québécoise, qui est de plus en plus encouragée à récupérer, mérite d’être mieux informée quant à ce qui doit réellement aller dans le bac de récupération.

De toute manière, le système québécois de récupération et recyclage a encore comme avantage la complémentarité entre la collecte sélective et la consigne. Ce dernier système permet le recyclage de 100 % des matières qu’il récupère (verre, plastique et aluminium), en leur donnant une nouvelle vie. De plus, le tri à la source, fait par le consommateur des contenants consignés, hausse la qualité des matières récupérées, permettant ainsi qu’elles soient vendues aux recycleurs à un prix optimal. Or, malgré son efficacité, la consigne publique est menacée d’abolition. Dans la présente conjoncture, l’abolition de ce système performant et apprécié des Québécois serait un recul, étant donné que la disparition du programme de consignation entraînerait une baisse globale de la récupération dans la province.

La consigne doit être vue comme un allié de la collecte sélective. Les deux systèmes doivent fonctionner en synergie, si l’on veut récupérer et recycler le plus de matières possible. Bien qu’il y ait encore des aspects à améliorer dans le système québécois de récupération, ce n’est surtout pas en éliminant la consigne que nous arriverons à recycler plus et à être finalement une province plus verte.

1. Sources: http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201406/11/01-4775050-le-recyclage-des-plastiques-sous-le-respirateur-artificiel.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4775391_article_POS1

http://www.cbc.ca/player/Radio/Local+Shows/Quebec/Quebec+AM/ID/2464601420/